Colours In The Street : parcours d’un lauréat du Prix Société Ricard Live Music

Le prix

Mardi 02 avril 2013, Colours In The Street monte sur la scène du Bikini, en première partie des Naïve New Beaters, dans le cadre de notre tournée Société Ricard Live Sessions. Originaires de Niort, Alexandre Poussard, Alexis Rimbault, Lucien Saurin et Noé Russeil ont tout juste passé le cap de la majorité et n’ont quasiment aucune expérience de la scène. Ils viennent de remporter le Prix Société Ricard Live Music et, ce soir-là, c’est leur baptême du feu. Il y a chez les membres du groupe du stress et de l’appréhension, mais surtout une grosse envie d’en découdre, de faire ses preuves et de montrer qu’ils n’ont pas usurpé leur place de lauréat. Leur prestation sera énergique, passionnée et touchante. Ce sera surtout la première pierre posée vers la professionnalisation. Un mois durant, le groupe va enchaîner les concerts, se roder et trouver ses marques. Dès la fin de cette tournée avec Naïve New Beaters, ils seront prêts à s’imposer sur les festivals français : les Folies de Maubeuge, le festival Aluna, le Rock Dans Tous ses Etats et les Francofolies de la Rochelle.

Colours In The Street au festival Aluna. Photo par Rod.

Le groupe est jeune, cherche sa voie, manque encore de maturité, mais tous les éléments sont déjà en place : un vrai savoir en termes de songwriting pop, une maîtrise surprenante des polyphonies, un talent pour dénicher des super riffs, et surtout une véritable envie d’écrire des tubes, de ne pas se contenter de chansons de seconde zone destinées à remplir EP et albums.

Côté Société Ricard Live Music, l’impression d’avoir découvert un groupe plein d’avenir, à qui il s’agit de donner l’impulsion nécessaire, se confirme chaque jour. Nous avons alors la chance d’accompagner, au côté du label Believe Recordings, la publication de leur premier EP « Paper Child » contenant sept titres, dont deux remix par Dive Inn et Jabberwocky. La machine est lancée, et très vite, c’est un clip pour « Triangle » (visible ci-dessous) qui fait son apparition.

Le groupe signe avec un éditeur (Because) et la consécration arrive en 2015 avec la publication de Royaume, un pur premier album de pop anglaise joué par des frenchies survoltés où les singles se suivent sans se ressembler.

Colours In The Street multiplie les dates, et, grâce à un partenariat entre Société Ricard Live Music et l’Ambassade de France en Corée du Sud, se retrouve à partir pendant sept jours en Corée au Zandari Festa, avec leurs confrères Chinese Man et Colt Silvers.

Néanmoins, malgré tous ces succès, le groupe n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. À ce moment-là, les influences anglo-saxonnes priment sur le reste. Colours In The Street se pare de mille feux, mais reste encore sous l’emprise de ses aînés. C’est en 2017 que la formation décide d’assumer ses choix, de revendiquer de ne pas être un groupe d’indie pop, mais de pop tout court. Comme l’explique aujourd’hui le chanteur Alexandre Poussard : « Notre goût pour la pop internationale a supplanté notre affection pour la pop anglo-saxonne. On affirme aujourd’hui notre volonté de s’inscrire dans le sillon de Coldplay, OneRepublic, The Weeknd. »

Colours In The Street en première partie de Puggy à L’Olympia.

Le quatuor se modernise, n’a plus peur de recourir à la MAO (musique assistée par ordinateur) et travaille ses productions pour être à la hauteur de ses ambitions internationales. Les membres ont maintenant 24, 25 ans et savent exactement où ils veulent aller !

En 2018, le groupe sort un nouvel EP : Tell The World, où il déploie sa volonté de parler au plus grand nombre. Les couplets en français y côtoient les refrains en anglais, la chanson française se trémousse sur des rythmes d’ailleurs. On y retrouve des effets pop et une voix plus rappée.

Poussard explique qu’ils veulent se réinventer à chaque titre, se mettre en danger, profiter de leur goût pour l’ouverture pour s’emparer de toutes les couleurs musicales. Colours In The Street n’a plus de limites et laisse tous les sons le nourrir, y compris les influences rap, comme sur « Just go », où le groupe rappelle qu’il est aussi sensible à Nekfeu, Orelsan et Mac Miller.

En 2019, Colours In The Street sortira son second album. Pour cela, il « compose énormément, jette beaucoup ». De nombreuses chansons sont enregistrées en une seule prise pour conserver une intensité. L’objectif pour Colours In The Street est de faire germer toutes ses idées et de ne conserver que les meilleures !

Il vous reste encore deux jours pour vous inscrire au Prix Société Ricard Live Music 2019 ! Ne tardez plus.

À propos de l'auteur :
Benjamin
Benjamin

Cofondateur de Playlist Society (revue culturelle et maison d'édition), Benjamin est le responsable éditorial de Société Ricard Live Music depuis 2008. En 2015, il a publié "Le renoncement de Howard Devoto", une bio-fiction, à la gloire du fondateur des Buzzcocks et de Magazine, qui retrace la genèse du mouvement punk en Angleterre.

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